vendredi 4 novembre 2011

Rien de pire que la certitude d’avoir raison


Nos futurs gouvernants ou plutôt nos nouveaux théoriciens croient dur comme fer que le bilinguisme est une pollution linguistique et que si on n’est pas fier de sa langue, on ne peut être fier de sa patrie. C’est tout simplement odieux, ignoble et abjecte de la part d’une classe politique censée prendre les rênes d’une Tunisie tournée depuis des millénaires vers les autres cultures, civilisations vu sa position géographique enviable.
Cette singularité n’a-t-elle pas été renforcée par un système éducatif axé sur l’apprentissage des langues étrangères, vecteurs essentiels pour la transmission du savoir et des valeurs universels  telles que la science, la technologie, la tolérance, l’acceptation de l’autre ?
Mesdames et messieurs les élus de la nation, après les déclarations tonitruantes teintées de triomphalisme du Cheikh Ghannouchi, voulez-vous nous expliquer en quoi consiste précisément la pollution linguistique ? Une question qui me taraude depuis quelques jours.
 Du purisme linguistique à la pureté de la race il n’y a qu’un pas. La recherche de telles chimères ou illusions ont mené à des catastrophes que l’humanité n’est pas prête à oublier.
Une langue n’est-elle pas le résultat d’éternels mariages et aller retour ?
Un dictionnaire français aurait-il banni des termes empruntés à l’arabe ?
Même les Le Pen n’ont jamais défendu une telle absurdité. Notre parler quotidien et vocabulaire est un vrai brassage et une grande ouverture sur le vaste monde adaptés aux nouvelles technologies dont est faite notre vie de tous les jours. Je ne suis pas ici pour défendre la langue française, mais force est de reconnaitre que le bilinguisme est une richesse par les temps de mondialisation qui sont les nôtres.
De grâce, mesdames et messieurs les élus ne ratez pas ce RDV avec l’Histoire. Ne perdez pas votre temps et le nôtre dans des discussions qui creuseraient davantage notre retard. Montrez au monde entier que la religion musulmane n’est pas incompatible avec le progrès et la démocratie. Votre échec signera la mort du Printemps arabe mais aussi la régression de tous les peuples arabo-musulmans. Pas de Tunisie repliée sur elle-même, préoccupée par des questions identitaires en confrontation permanente avec les autres cultures. Tout autre choix ne fera que diviser tragiquement notre peuple entre conservateurs et modernistes. Aurions-nous besoin de développer un esprit clanique au sein de la société,  après une révolution pour la Dignité, la Démocratie, une République de Liberté et d’égalité des chances pour tous les Tunisiens.


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